Asile au Canada : un droit à protéger

Les déplacements forcés dans le monde atteignent ces derniers temps des chiffres records – 68,5 millions de personnes déracinées, dont 25,4 millions de réfugiés –, et les termes de migrant, réfugié régulier ou irrégulier, voire illégal, revêtent une importance cruciale. L’enjeu dépasse la sémantique, et l’on risque de voir la question des réfugiés traitée sous le seul angle du caractère légal ou illégal de l’immigration, au détriment de la protection due à ces personnes. Le Canada n’échappe pas à cette tentation de considérer la question des migrations à partir d’une approche sécuritaire : cela s’est d’ailleurs manifesté dans la réforme de 2012 sur le système d’octroi de l’asile, qui est toujours en vigueur sur ces principaux points. L’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis met de nouveau en lumière cette approche sécuritaire, alors que des personnes tentent de trouver un refuge qui ne leur est plus garanti sur le territoire canadien.

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Étienne Balibar : revoir les droits de la personne pour protéger les migrants en errance

Dans le cadre de la crise migratoire, nous assistons mondialement au spectacle horrible d’une violation des droits humains. Fuir la misère devient tellement urgent que les migrants acceptent de risquer leur vie pour réussir à franchir des frontières hostiles. Afin de réfléchir à des solutions, nous avons étudié les arguments d’Étienne Balibar, philosophe français, qui remet en question l’efficacité des droits des migrants. Celui-ci affirme qu’il nous faut revoir les droits fondamentaux des personnes, afin d’y préciser le droit à la circulation et de créer un droit à l’hospitalité.

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