Seigneur Jésus,
quand tu es entré dans notre monde,
quand tu es venu partager notre vie
pour nous proposer l’amour qui sauve,
tu savais bien qu’on allait prendre ta vie.
Pour nous faire connaître la liberté et la solidarité, la joie d’aimer,
Tu as dit la Parole qui recrée et donne espérance.

Alors qu’on te questionnait
pour te mettre à l’épreuve et te condamner,
tu as dit : « Que celui qui est sans péché lance la première pierre »
puis à celle qu’on harcelait : « Va et ne pèche plus »

Tu te souviens de ton enlèvement,
de ta condamnation sans procès.
Tu te souviens du crachat au visage, du mépris,
de la gifle qui blesse jusqu’au fond du cœur.
Tu te souviens du fouet, de la flagellation,
des coups à la tête :
« Voici l’Homme ».
Tu te souviens, Seigneur, on t’a fixé au bois,
tous tes amis avaient fui. Tu étais seul, abandonné.

Aujourd’hui, de nouveau,
une multitude de tes frères, de tes sœurs,
connaissent le même sort
et la passion de l’homme continue.
Je t’en prie, Seigneur, donne-moi de ne pas fuir,
de t’être présent alors que tu connais de nouveau cette souffrance.
Donne-moi assez de compassion
pour rejoindre par la prière celui qui est abandonné,
rejeté, désespéré, torturé.
Donne-moi de reconnaître en cet autre, ton visage.
Donne-moi d’agir pour être, avec toi,
celui qui sauve
car, comme  toi et avec toi,
je suis capable d’aimer et de libérer.

(Gabriel Villemure, prêtre)