Photo de Germain Rukuki

Pour la libération immédiate de Germain Rukuki

Germain Rukuki, président de l’ACAT Burundi, emprisonné pour défendre les droits humains

Sur une action concertée de la FIACAT, nous venons d’alerter l’ambassadeure du Canada désignée au Burundi, Son Excellence Sara Hradecky :

Excellence,

L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, ACAT Canada, est extrêmement préoccupée par l’arrestation et la détention arbitraires d’un défenseur des droits humains au Burundi, M. Germain RUKUKI.

M. RUKUKI, employé de l’Association des juristes catholiques du Burundi et président de Njabutsa Tujane (une association de lutte contre la pauvreté), était auparavant employé par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT Burundi), une association qui a été radiée en fin 2016 par les autorités burundaises en raison de son action pour la défense des droits de la personne.

Il a été arrêté, sans mandat légal, le 13 juillet 2017 à son domicile de Bujumbura et détenu au secret pendant 14 jours par le Service national de renseignement (SNR), sans pouvoir être en contact avec ses proches ou son avocat, en violation des articles 10 et 95 du Code de procédure pénale. Ainsi, il a subi de nombreux interrogatoires dans les locaux du SNR en l’absence de son avocat, ce qui constitue une violation du droit à un procès équitable.

Il a été transféré le 26 juillet 2017 à la prison de Ngozi et auditionné le 1er août par le substitut du Procureur général de la République, M. Adolphe MANIRAKIZA, et formellement accusé d’« atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat » et de « rébellion ». Le 17 août 2017, la Chambre de conseil du tribunal de grande instance de Ntahangwa a notamment accusé M. RUKUKI de représenter l’ACAT au Burundi et a décidé son maintien en détention préventive, sans fournir d’ « indices sérieux de culpabilité » comme l’exige l’article 110 du Code de procédure pénale.

Il paraît profondément contradictoire et inacceptable que M. RUKUKI ait été arrêté arbitrairement et poursuivi judiciairement pour avoir appartenu à une association de lutte contre la torture, alors même que la République du Burundi a signé et ratifié la Convention de l’ONU contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme à l’ONU et d’autres experts de l’ONU ont demandé, en vain, aux autorités burundaises la libération de Germain RUKUKI, dans un communiqué publié le 25 août 2017 par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).

La détention arbitraire de M. RUKUKI se prolonge toujours aujourd’hui et suscite la plus vive inquiétude pour son intégrité physique et psychologique. Aussi, l’ACAT Canada vous prie de bien vouloir, en concertation avec la communauté diplomatique au Burundi ou par les moyens qui vous sembleront les plus appropriés, demander aux autorités burundaises de procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de M. RUKUKI.

Veuillez agréer, Excellence, l’expression de ma respectueuse considération.

Le Président de l’ACAT Canada, Raphaël Lambal

 

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