L’entente sur la mixité de l’établissement Leclerc. L’occasion de se pencher sur un problème systémique

Depuis le transfert des femmes incarcérées de la Maison Tanguay à l’Établissement Leclerc en mars 2016, la vocation de cette installation a changé pour devenir mixte. Les femmes transférées ont subi différentes restrictions, ce qui a amené plusieurs organismes à réagir afin que le Leclerc fasse l’objet d’une mission d’observation. Après avoir esquivé cette mission, monsieur Coiteux, ministre de la Sécurité publique, se ravise et conclut l’affaire avec la signature d’une entente sur la mixité avec un important organisme communautaire.

Le 17 juin 2016, l’ACAT Canada a écrit au ministre Coiteux afin de le convaincre de faire connaître publiquement les suites données aux diverses interpellations reçues au sujet des conditions de vie des personnes incarcérées à l’Établissement Leclerc. Lire l’article au complet : http://acatcanada.org/2016/06/19/sur-les-conditions-de-vie-detention-au-quebec/

Le 23 juin 2016, on apprenait que monsieur Coiteux avait signé une entente sur la mixité avec la Société Elizabeth Fry. Bien que cette entente vise des solutions à long terme, nous souhaitons que le mandat soit suffisamment large pour non seulement examiner une situation systémique dans laquelle les personnes sont vulnérables, mais pour implanter des pratiques exemplaires. Néanmoins, les droits de la personne doivent être protégés à court terme dans un contexte d’austérité qui affecte aussi probablement l’ensemble des prisons provinciales.

L’ACAT Canada a publié un communiqué de presse soulignant qu’à l’occasion de la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture le 26 juin, elle invite le Québec à examiner ses prisons.

Parce qu’elles sont de nature à atteindre les dimensions physique et psychologique des personnes, des conditions de détention peuvent être jugées comme un traitement inhumain, cruel ou dégradant par le seul fait de l’accumulation ou de la conjugaison de conditions qui ailleurs, prises isolément, ne le seraient pas. En effet, toute personne privée de sa liberté, pour quelle que raison que ce soit, doit être traitée avec humanité et dans le respect de la dignité humaine en vertu de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT) ratifiée par le Canada le 24 juin 1987. [Extrait du communiqué]

Sources

Le Devoir. 28 avril 2016. À la défense des détenues de Leclerc. Des religieuses s’indignent des conditions de vie prévalant à l’établissement de détention. http://www.ledevoir.com/societe/justice/469341/les-conditions-de-vie-des-detenues-denoncees

Ici Radio-Canada. 7 juin 2016. Le sort des femmes détenues à Leclerc « extrêmement » préoccupant. http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2016/06/07/005-etablissement-leclerc-mission-observation-ffq-ldl-coiteux-couillard.shtml

Ici Radio-Canada. 23 juin 2016. Mixité en prison : Québec collabore avec un organisme d’aide aux détenues. http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2016/06/23/005-entente-partenariat-coiteux-societe-elizabeth-fry-etablissement-leclerc.shtml

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