Mexique : Victimes de torture et groupes de défense diffamés

Posted on Avr 13, 2016 in Agir, Blogue

Au Mexique, les organismes de défense des droits humains et des victimes de torture font face à une campagne de diffamation et discrédit de la part du gouvernement et de plusieurs médias locaux. ACAT Canada est fortement préoccupée par cette campagne de presse mettant la sécurité des victimes en jeu et a fait part de ses inquiétudes au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, de même qu’au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et à la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine Saint-Pierre.

Les atrocités entourant la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa ainsi que la détention et la torture des « 4 civils de Rosarito » ont choqué la population et la communauté internationale. Ces derniers furent arrêtés arbitrairement par des militaires, mis en détention sans enquête ni inculpation et torturés pendant 40 jours. Entre des menaces d’exécution, des coups, ongles arrachés, de l’asphyxie avec un sac plastique et des décharges électriques, ils avoueront des enlèvements crapuleux et la possession d’armes lourdes[1]. Décidément, en dépit des conventions et des législations ratifiées par le gouvernement mexicain, ces engagements ne furent appliqués de manière concrète dans les instances décisionnelles.

La campagne de dénigrement visant les victimes de torture et les organismes de défense des droits humains prend des proportions inquiétantes. En effet, les victimes de torture sont accusées sans fondement pour des crimes ignominieux et les organismes de défense sont « régulièrement qualifiés de ‘mercenaires des droits de l’homme’ et de ‘défenseurs de délinquants’. »[2]

Face à la gravité des actes et accusations envers ces derniers et en raison de la forte relation entre le Canada et le Mexique sur plusieurs enjeux et défis internationaux[3], de même que de celle entre le Québec et le Mexique [4], ACAT Canada exhorte le premier ministre du Canada et le ministre des Affaires étrangères ainsi que le premier ministre du Québec et la ministre des Relations internationales et de la Francophonie à se soucier de cette situation et à renforcer le dialogue pour le respect des conventions et recommandations nécessaires pour l’enrayement de la torture et des mauvais traitements.

Sources

ACAT Canada. 2016. Mexique : 4 victimes de torture attendent leur libération. http://acatcanada.org/2016/01/26/mexique-4-victimes-de-torture-attendent-leur-liberation/ [1]

ACAT France. 2016. Non à la diffamation des ONG et des victimes de torture. https://www.acatfrance.fr/actualite/non-a-la-diffamation-des-ong-et-des-victimes-de-torture [2]

Gouvernement du Canada. 2016. Les relations entre le Canada et le Mexique. Un partenaire stratégique pour le Canada. http://www.canadainternational.gc.ca/mexico-mexique/canmex.aspx?lang=fra [3]

Gouvernement du Québec. 2016. Relations internationales avec le Mexique. http://www.mrif.gouv.qc.ca/fr/relations-du-quebec/ameriques/mexique/secteurs-de-collaboration [4]

La lettre

L’ACAT Canada soutient les demandes faites par de nombreuses organisations internationales demandant au président Enrique Peña Nieto de :

  • reconnaître la gravité de la crise des droits humains qui secoue le pays, mettre en œuvre les recommandations faites par les organisations onusiennes et interaméricaines à cet égard et
  • répondre favorablement aux demandes de visites émises dans les rapports spéciaux de l’ONU portant sur la torture et les défenseurs des droits humains ;
  • reconnaître publiquement le statut de victimes et leur pleine légitimité aux « 4 civils de Rosarito » en veillant à leur protection et en condamnant toutes les attaques à leur encontre ;
  • reconnaître publiquement la légitimité et le courage des membres de la Commission mexicaine de défense et de la promotion de droits humains (CMDPDH)  et des ONG mexicaines qui défendent les victimes de violations des droits des personnes et condamner publiquement ceux qui tentent de les discréditer.

En raison des relations privilégiées et anciennes existant entre le Canada et le Mexique et en raison des engagements du gouvernement canadien en faveur de la défense des droits de la personne, l’ACAT Canada vous demande d’intercéder rapidement auprès du gouvernement mexicain pour que cette situation inquiétante quant au respect et à la protection des droits de la personne soit prise en compte.

– Extrait de la lettre envoyée au premier ministre du Canada. [Lire la lettre envoyée aux instances fédérales ou Lire celle envoyée aux instances québécoises]